Culture imprimée, cultures équestres dans l’Europe moderne

Daniel Roche

L’inventaire des biens de la culture équestre, la poursuite des équidés eux-mêmes, dans les sociétés modernes et contemporaines conduisent à travers des lieux, les campagnes, les villes, les routes, les palais et les fermes, les écuries et les pâturages. Ils se font de manière à évaluer des moyens et des besoins, une demande et une offre diversifiées. Ils utilisent les archives et les livres pour comprendre, de la fin du Moyen Age à la fin du monde, qui disparait peu ou prou avec le XXe siècle, le rap-port de la production aux modèles de consommation et ainsi de re-mettre à sa place juste l’idée permanente dans la société française et européenne que les Etats et les hommes n’ont jamais assez de chevaux. C’était, on l’a bien compris, une première incursion dans le monde des producteurs de connaissances équestres, des auteurs et de leurs ouvrages, moyens de montrer leurs pratiques et d’en mesurer les effets. La raison cavalière1, son unité, ses divergences, s’y dévoilent à grands traits.

On les retrouve autrement, concrètement et théoriquement, dans la vie d’un modèle aristocratique et politique dont le discours s’infléchit en fonction de l’évolution des régimes de gouvernement, de l’absolutisme princier à la démocratie polyvalente, et dans celle des sociétés qui se reconnaissent en fonction de la hiérarchie distinctive rendue visible par tes chevaux et qui devient fondamentale pour le tenants des pouvoirs et les notables reconnus. A travers un style de vie urbanisé, voitures, attelages, chevaux, cavaliers, font entendre l’écho de l’utilité et de la domination cachée, mais réelle. Cette économie sociale équestre repose sur une grande intention éducative et sur une organisation de la vie, du paraître, des loisirs.Imprimés et traités en diffusent les principes et les normes que ratifient les jugements politiques construits comme expression de la société de Cour, exprimés comme langage du gouvernement des hommes, expérimentés dans la guerre ultima ratio de ces raisonnements, révélateurs des forces cavalières et sociales, mobilisées dans les proclamations, les controverses des militaires, les imprimés de tous genres voués à la cause cavalière. Dans sa dimension de passion et de connaissance, d’intellectualité et de sensibilité le livre rend encore plus largement visible les objets équestres qu’ont diffusé, avec plus ou moins de vivacité, comme les manuscrits qui n’ontpas disparu, mais se sont vraisemblablement transformés. Une enquête exhaustive révélerait l’importance spécifique du ressort pédagogique, celle aussi du rapport administratif et celle de la communication privée, des correspondances aux gazettes à la main. Toutefois, entre les XVIe et XVIIIe siècles, l’essor de la production générale du livre, et, des livres qui construisent et diffusent la culture équestre, dans ses usages fonctionnels ou non fonctionnels, autorise une compréhension large et diversifiée de l’ensemble culturel, de ses catégories d’analyse, de ses biens et de leurs effets. Ces options mettent en jeu quatre dimensions conceptuelles, à l’œuvredepuis les origines, dans le projet de l’histoire sociale du culturel, recourant à des sources identiques pour, à partir des textes, en comprendre l’établissement, les forces, les tensions, ainsi traditionnellement, création consommation, populaire˗lettré, domi-né˗dominant, écrit˗oral, réel˗imaginaire. Ces découpages sont actifs dans la façon de lire ce que l’on a produit pendant trois siècles autour des chevaux et des cavaliers, car on peut admettre qu’ils correspondent à des résultats temporaires et changeants dans l’évolution plus générale qu’on étudie. Rassembler les livres est une façon de faire apparaître l’organisation discursive, géographique, voire sociale, des productions concernées, et, comment, elle est dynamisée par les ten-sions induites activement dans sa construction comme dans sa diffusion, et, comme moyen de transformation de la civilisation européenne. Les vocables mobilisés doivent êtreprécisés: imaginaire, représentation, mentalités et culture.

DOI: https://doi.org/10.13128/ds-18689

Read Full Text: https://oajournals.fupress.net/index.php/ds/article/view/302

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